Inauguration des travaux de l’église Saint-Pons
L’église paroissiale Saint-Pons de style roman a été restaurée. Une cérémonie d’inauguration pour la réouverture de l’édifice s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités.
Quand on entre dans le village, on l’aperçoit, en haut des escaliers, discrète, elle veille sur les villageois, les alentours, c’est un symbole, pimpante, c’est pour elle, pour ce qu’elle représente, patrimoine religieux qui a su passer les temps, que tous sont là ce samedi matin ensoleillé. Sur la place devant l’édifice dès 9 heures, on se regroupe pour participer à l’événement du village. Pascal Serra, maire de la commune, ceint de l’écharpe tricolore accueille, la population, les amis et les autorités.
Le moment est important pour la commune, après des travaux de restauration c’est l’heure d’inaugurer le travail accompli, mais aussi les découvertes qui ont découlé des travaux effectués à l’intérieur de l’église.
Entouré de la préfète, des représentants Jean-Charles Borghini du Conseil régional, Evelyne Faure du Conseil départemental, Jean-Christophe Labadie directeur des archives départementales, Bruno Acciaï de PAA, Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque de Digne et Delphine Isoardi, archéologue au CNRS, le maire Pascal Serra débute par son discours d’introduction une matinée qui sera remplie de beaux moments de partage.
« C’est avec une grande émotion et une profonde fierté que nous nous réunissons aujourd’hui pour célébrer l’inauguration de l’église Saint-Pons, lieu de foi, de mémoire et de rassemblement pour notre territoire. Cette église, chère au cœur de nos habitants, témoigne de notre histoire commune, de nos racines et de notre attachement au patrimoine. Sa restauration est le fruit d’un engagement collectif, d’une volonté partagée de préserver ce bien précieux pour les générations futures. Je tiens à exprimer, au nom de la commune et de l’ensemble de ses habitants, notre sincère gratitude envers nos partenaires institutionnels, sans lesquels ce projet n’aurait pu voir le jour ».
Citant, l’État, pour son soutien déterminant à hauteur de 60 % du financement. La Région pour sa contribution de 20 %. « Grâce à ces aides, ce projet d’un montant total de 114 000 euros a pu être mené à bien et je n oublie pas le département qui nous aide sur d’autres projets. Cela témoigne de l’importance accordée à la sauvegarde de notre patrimoine et à la vitalité de nos territoires ruraux ».
Il saluait l’engagement de tous ceux qui ont participé à ce projet, les élus mais aussi, ceux qui ont travaillé sur le site, l’entreprise Kessin et ses sous-traitants, Cherrier Electricité. Les vitraux latéraux et la nouvelle rosace centrale sont des créations Marie et Aurore de l’Atelier Diaphane de Marseille. « A vous tous qui avez oeuvré pour certains dans l’ombre à cette rénovation, merci. Votre engagement témoigne de votre attachement à notre village. Aujourd’hui, en redonnant vie à cette église, nous ne restaurons pas seulement des pierres, nous ravivons un lieu de rassemblement, de spiritualité et de culture. Que cet édifice continue longtemps d’accueillir fidèles, visiteurs et habitants et qu’il demeure un symbole fort de notre identité et de notre unité.
Il laissait place à Delphine Isoardi, chargée de recherches au CNRS, centre Camille Jullian à Aix-en-Provence, dont l’exposé a permis de remonter le temps mais surtout d’écouter entre autres, le résumé des découvertes sur l’église depuis sa construction. Sans le soutien de l’ARDA et des archives départementales toutes ces informations n’auraient peut-être pas été communiquées (voir ci-dessous).
Puis Mgr Gobilliard intervenait, avec beaucoup de joie à cette cérémonie qui met en valeur le patrimoine religieux « lors de la visite pastorale c’est là que j’ai appris, il y a 3 ans, les travaux, je suis très heureux d’être là. L’église c’est l’âme du village, l’âme le principe d’unité de chacune de nos personnes, des pierres, animaux, végétaux, l’âme minérale (citant Aristote). ce principe unité il est près de nos communes, de nos villages, nous avons besoin de nous retrouver de vivre une certaine unité. L’église symbole fort de cette unité, nous rappelle que nous sommes des nains sur les épaules de géants, et la découverte des tombes dans cette église nous le rappelle aussi. Ce village a été construit, a vécu, il n’est pas que la somme des activités qui ont baissé, ni des individualités qui ont diminué, elle est plus que cela, elle est ce que nous formons collectivement, l’unité que nous sommes. Je suis heureux que l’église symbolise ce lieu où l’on se souvient des anciens, on prie pour eux on vit nos joies, nos douleurs, nos espérances ensemble, pour vivre ensemble, collectivement et nous souvenir que nous sommes fiers d’habiter une commune, un territoire. Merci à tous ceux qui ont oeuvré pour cette restauration ».
De son côté Isabelle Tomatis, préfète des Alpes de Haute-Provence, pour sa première venue à Draix, exprimait que cette inauguration est importante pour notre département. Nous sommes réunis ici pour célébrer un projet que certains pensaient impossible, et pourtant elle est là, debout, restaurée l’église Saint-Pons. Tout le monde connait mon engagement pour le patrimoine. Les vieilles pierres reflètent notre âme collective, c’est à cela que je pense en regardant cette église aujourd’hui. Elle citait le président de la république en déplacement dans l’Allier « faire le parallèle en reprenant ses paroles pour appuyer le développement économique et industriel, évoquer la méthode Notre-Dame. Celle d’un état qui accélère et simplifie les procédures pour accompagner la réalisation du projet. Dans notre Etat avec sa laïcité dite à la française ce sont des expressions fortes témoignant que tradition et sublime peuvent nous réunir pour faire communauté dans un élan partagé et une vision de la vie. L’église Saint-Pons ce n’est pas juste un bâtiment religieux, c’est un morceau d’histoire et cela a été clairement exprimé (ndlr:conférence de Delphine Isoardi), celle d’un village, d’une communauté, une trace dans la mémoire du territoire. La restaurer c’est lutter contre l’oubli, le temps, l’indifférence. Participer à cette chose plus grande que soit, pour faire communauté et s’inscrire dans l’avenir. Un projet important, une sentinelle de pierres qu’on trouve dans nos vallées. Et pour le comprendre ce qu’elle représente cette sentinelle, pour nous, il faut remonter à ses origines. Pas aussi loin que les vôtres Melle Isoardi ». Elle citait « les frères prêcheurs du couvent de Seyne qui instituent la confrèrie ND du Saint Rosaire de Seyne. C’est sur cet emplacement qu’a été construit cette église que nous voyons aujourd’hui. Travaux qui s’achèvent en 1854, déjà à l’époque le projet est porté collectivement puisque c’est grâce à des mécènes du village que l’édifice voit le jour et leurs noms ont été cités. Ce n’est donc pas la première fois que Draix se mobilise pour son patrimoine. Plusieurs siècles plus tard, en 1985, première restauration extérieure et aujourd’hui nous sommes réunis pour une nouvelle étape. Cette restauration est le fruit d’un réel engagement, celui des élus, des habitants, des associations. Travaux à la hauteur de l’enjeu avec des professionnels spécialisés, essentiels pour les faire vivre et les transmettre « c’est aussi un peu de l’expérience de ND ».
Draix n’a jamais cessé de prendre soin de son église, une fidélité à son patrimoine, elle ne pouvait pas porter seule le poids d’un chantier important, et c’est pourquoi l’état s’investit dans la politique de soutien en faveur du patrimoine historique et rural (DETR). Outil important pour venir assister les territoires ruraux , sachez qu’ à l’échelle nationale nous sommes le 3è département qui a la plus haute somme par habitant de DETR. La préfète concluait par des remerciements aux Archives départementales pour le bon travail des services.
Evelyne Faure pour le Conseil départemental, Jean-Charles Borghini pour le conseil régional, prenait la parole pour exprimer leur émotion et leur fierté de participer à cette cérémonie d’inauguration de l’église Saint-Pons.
« Joyau intemporel du patrimoine provençal, exprimait Jean-Charles Borghini, l’histoire et la culture de nos territoires transcendent les siècles et sont au coeur de l’identité de notre région. Aujourd’hui en restaurant et en redonnant vie à cet édifice sacré nous ne faisons pas que sauvegarder des pierres et des murs, nous préservons l’âme de ce lieu ».
La matinée se poursuivait avec la suite de la cérémonie officielle. Les personnalités procédaient à la coupe du ruban tricolore, devant la porte de l’édifice. Puis, Mgr Emmanuel Gobilliard, à ses côtés le père Benoit N’Guessan, curé du secteur paroissial, procédait au rituel de la bénédiction de l’édifice avant d’inviter la population à entrer dans l’édifice où il a présidé la messe durant laquelle a été fait mémoire, en citant leur nom, des personnes qui reposent dans la crypte sous l’église, et qui ont donné l’argent pour la construction de cette église.






