Editos de l'évêque Mémoire et conversion…

Mémoire et conversion…

Édito Église de Digne – novembre 2018

Nous célébrons cette année les 100 ans de l’armistice de 1918. Tous nos villages ont été parés, nos monuments aux morts décorés et honorés. C’est un devoir de mémoire pour tous ceux qui ont donnés leur vie, mais aussi pour nous rappeler l’horreur des combats, les destructions massives, les familles décimées ou déplacées, les personnes brisées ou tuées… l’horreur de toute guerre.

Le Christ est le Prince de la Paix. Nous devons certes nous en souvenir, mais surtout Le laisser agir en nous et entre nous, comme Seul capable de faire vraiment grandir en nous et entre nous la vraie paix. Faire grandir la paix demande, de notre part, justice et charité; elle nous demande aussi d’ouvrir notre cœur aux appels de l’Esprit, à la grâce d’une vraie conversion et donc à la Charité, qui est l’amour de Dieu qui nous est donné. Seul Dieu peut nous abreuver de Son amour qui nous transformera vraiment : l’acceptons-nous ?
Que retenir de ces commémorations ? Peut-être pour nous chrétiens, un appel à nous laisser transformer par le Christ, chacun personnellement, et ensemble dans notre société, afin que ces horreurs ne puissent se reproduire, et que nous sachions vraiment être ouvrier de paix. Aujourd’hui notre pays semble extérieurement en paix. Mais qu’en est-il vraiment dans les cœurs ? Qu’en est-il entre nous, même au sein de nos communautés chrétiennes ? Sommes-nous vraiment artisans de paix ? Cherchons-nous à nous convertir en vérité, ou plutôt à seulement changer l’autre pour l’amener à penser comme moi ? Avons-nous un regard de bienveillance qui fait grandir, et non un avis destructeur qui condamne ? Il y a la paix entre nations, mais d’abord entre nous…
Les remous que traverse notre Église nous invitent ainsi aussi à changer, à nous interroger : qu’est-ce que nous devons vraiment changer en nous et entre nous ? Nous invitons le monde à la conversion… peut-être faut-il commencer pars nous ? Où est mon trésor ? Qui est mon trésor ? “Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur” [Matthieu 6,21]; nous prêchons l’Amour de Dieu, Le laissons-nous nous transformer ? Alors qu’est-ce que je dois changer en moi pour que l’autre grandisse ?
La mémoire, ou les célébrations mémorielles qui semblent marquer fortement nos contemporains, n’ont de vrais fruits qui si, en plus du seul souvenir, elles nous invitent à changer, c’est-à-dire à nous convertir. Pour nous convertir, plus qu’un seul travail de courage ou d’abnégation, c’est davantage une ouverture à la grâce qui nous est proposée. C’est Jésus qui convertit, laissons-le agir ! Sachons lui dire OUI !

 

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