LE BLOG Témoignage : séminariste en Terre Sainte…

Témoignage : séminariste en Terre Sainte…

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Avec le séminaire Saint Luc, nous avons eu le privilège de vivre un magnifique pèlerinage, de trois semaines, en Terre sainte. Dans le cadre de notre formation à la suite du Christ, c’est à la fois très important et c’est une grande grâce que de pouvoir mettre physiquement nos pas dans ceux du Christ, de voir les paysages qu’Il a vus…

La première semaine, nous étions dans le désert : Beer Sheva, Mitzpe Ramon, Avdat, jusqu’à Eilat à l’extrême sud au bord de la mer rouge, puis en remontant le long de la Mer morte, Masada, Ein Geddi, jusqu’au mont Hermon tout au Nord. La seconde semaine, nous étions en Galilée; quatre jours à Nazareth, puis quatre jours autour du lac de Tibériade. Enfin, les huit jours suivants, nous étions à Jérusalem. Nous avons pu également nous rendre à Bethléem, et à Emmaüs.
Personnellement, j’ai été marqué par deux lieux : le désert, et Nazareth.
Le désert est un lieu crucial dans la Bible ; il est l’un des lieux privilégiés de la rencontre avec Dieu. Le désert est un endroit merveilleux, si aride et pourtant si fécond spirituellement ! St Exupéry disait : « j’ai toujours aimé le désert. On s’assied, on ne voit rien, on n’entend rien, et pourtant quelque chose rayonne en silence… » Dans la Bible, dans l’AncienTestament comme dans le Nouveau, le désert est le lieu privilégié de la retraite, de la rencontre avec Dieu. On peut nommer ici le si beau texte du prophète Osée qui évoque Israël comme l’épouse de Dieu, épouse infidèle que Dieu va ramener auprès de lui : merveille de la pédagogie divine, qu’Osée décrit dans des lignes sublimes : « c’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (Os 2,16). Le désert nous met à l’écart, nous dépouille de notre superflu pour nous ouvrir à l’essentiel. Jésus Lui-même commence son ministère public par une « retraite » de quarante jours au désert. Nous avons pu vivre de beaux moments de silence et de méditation dans le désert; nous avons vu de magnifiques couchers et levers de soleil, et nous avons pu faire de belles marches.
Le second lieu qui m’a marqué est Nazareth, lieu où selon toute vraisemblance, le Christ a grandi jusqu’à une trentaine d’années. Nazareth a bien grandi en nombre, puisqu’on estime que cette « petite bourgade de Galilée » regroupait au maximum environ 250 habitants et en compte aujourd’hui 100 000. Mais on peut voir qu’elle est restée, comme à l’époque du Christ, une ville simple de Galilée, sans faste ; « que peut-il sortir de bon de Nazareth ? » (Jn 1,46) dit Nathanaël, un « vrai fils d’Israël » (Jn 1,47), sans ruse, selon le mot du Christ. Or, il est beau de voir que le Christ a justement choisi cette pauvre et petite ville de Galilée pour s’incarner ; à Nazareth, on comprend un peu de l’humilité du Christ, de Sa simplicité, quand on voit ce petit hameau fait de petites maisons de pierre. Il est bon également de se rappeler, à l’heure de l’urgence missionnaire, que le Christ a pris un temps de vie cachée, de retraite, long de … trente ans, avant une vie publique, missionnaire, de… trois ans. Bien sûr, les actes que le Christ a posés durant sa vie cachée à Nazareth sont déjà, de façon mystérieuse, pour notre salut. Mais ce sont des actes cachés, dont nous ne savons presque rien. Cette vie de Jésus à Nazareth est, par son silence même, par sa durée, sa fidélité, l’humilité de son quotidien, un enseignement pour nous.
Jérusalem est une ville comme aucune autre, où se mêlent pèlerins de tous les pays et de toutes les religions, touristes, locaux… Elle cristallise beaucoup d’enjeux et de tensions, religieux et géopolitiques. Elle est à la fois un lieu de prière et de rencontres, et de conflits. Pour nous pèlerins, nous avons eu la grâce de visiter tous les lieux saints de la ville. Il est bouleversant de marcher dans la ville où le Christ s’est rendu plusieurs fois, et a vécu Sa Passion et Sa Résurrection. Gethsémani, le Saint Sépulcre sont les lieux qui m’ont le plus touché.
Nous avons porté dans nos prières le diocèse de Digne et nous continuons à prier pour chacun de ses fidèles, de ses consacrés… et de ses habitants.
Marc Henri d’Ozouville
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